Posted on July 4, 2011

Supply Chain: de la chaîne du supplice à la souplesse de la chaîne

J’écris ce blog  pour, au jour le jour, réfléchir avec vous sur la Supply Chain de mes clients .

Je crois avoir dit un jour à des journalistes qui m’interrogeaient sur la “supply chain” que certaines des entreprises que je conseillais il y a 40 ans étaient à l’époque plus avancées en supply chain management que la plupart des entreprises actuelles. A l’époque on ne prononçait ni les mots de logistique ni ces horribles borborygmes “supply chain” ou “S&OP”. On se contentait de prévoir la demande (on appelait ça des ventes) et de programmer la production en utilisant des feuilles de papier millimétré que l’on affichait sur le mur. Pour cela on traçait des courbes de ventes cumulées depuis le début de l’exercice par article ou famille d’articles. On avait sur la même feuille les courbes correspondantes des années précédentes. Le jeu consistait à tracer la courbe de production cumulée sur la même feuille avec à l’origine le stock au début de l’exercice. Si on ne veut pas de rupture, la courbe de production + stock initial (on dirait courbe des ressources à l’heure actuelle) doit toujours être au dessus de la courbe cumulée prévisionnelle des ventes. Si on souhaite avoir un stock minimum on cherchera à faire coller cette courbe au plus près de la courbe des ventes.

Cette méthode c’est Paul Gastou, l’ex directeur industriel de Kronenbourg, qui me l’a apprise. Il la tenait lui même de Colgate chez qui il était passé comme jeune ingénieur. Colgate avait mis au point cette méthode dans les années 50 avec Robert Brown je crois. Robert Brown est le pape, le gourou, du pilotage optimal de la supply chain. On se doit d’avoir lu ou plutôt étudié et savouré “Advanced Service Parts Inventory Control” (1982) si l’on veut avoir tout compris du pilotage optimal des flux.

Paul Gastou m’a beaucoup apporté en ce début des années 1970. Ce que je lui ai fourni, moi, à l’époque c”était ma connaissance de la programmation linéaire qui nous a permis de remplacer le papier millimétré par un logiciel d’optimisation. En même temps Rudolf Lewandowski avait mis au point Forsys, un des premiers logiciels d’extrapolation des historiques de vente. On avait donc les processus et les logiciels. A travers Forsys on gérait les articles standard et les promotions (les évènements spéciaux comme on les appelait à l’époque). Rien de bien nouveau sous le soleil! Kronenbourg a utilisé ces logiciels et ces processus jusqu’à son rachat par Carlsberg il y a 2 ou 3 ans où ils ont été remplacés par les processus et les logiciels utilisés par Carlsberg.

Je reviendrai sur tous ces sujets qui à mon avis n’en sont encore qu’à leurs balbutiements et qui tournent tous autour des prévisions, de la planification du business, du budget, des rapports avec les actionnaires, les clients, les fournisseurs, les autres fonctions de l’entreprise. In fine, la supply chain, c’est toujours une histoire de gros sous. C’est comment préserver au mieux la planète tout en apportant le bien être à ses habitants.

 

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